QR code

Par Emmanuel Jeuland et Camille Porodou

 

DEFINITION :

Le QR (quick response) est un code à deux dimensions. Il est utilisé pour éviter de toucher des appareils en faisant un code (ex. pour déverrouiller un vélo de location). La contrainte consiste à écrire du droit dans les espaces blancs du QR code. Ainsi, on peut remplacer les espaces blancs par des lettres d’une norme. On peut lire et transformer la règle en comblant les blancs selon un mode circulatoire, horizontal et/ou vertical.

APPLICATION :

 ubi societas ibi ius écrit dans un QR code

(Il n’y a pas de société sans droit)

DEVIENT :

Ubi constrintus ibi ius potentium

L’adage de l’oudropo,,

Il n’y a pas de droit potentiel sans contrainte

COMMENTAIRE :

Cette contrainte fait penser au prénom écrit sur un grain de riz ainsi qu’au jeu carré avec des lettres à déplacer. Quel est l’intérêt d’inscrire une norme dans un QR code ? Cela permettrait de revenir à la force initiale d’un texte fondamental, de réfléchir et de s’opposer à la densification des normes. Par ailleurs, le droit étant très dispersé, le QR code permet de synthétiser le droit. Écrire dans le QR code permet de ne pas se perdre dans la législation pour éviter de s’éparpiller. Le lien hypertexte du QR code ainsi que sa condensation peuvent contribuer à la réflexion sur l’encodage, notamment si l’on se dirige vers un codage de la question/réponse en droit pour permettre à tout citoyen d’accéder au droit en posant la question qui le concerne. Est-ce que le QR code est compatible avec le droit ? Le pass sanitaire n’est pas du droit, mais une preuve rapide que son titulaire (plutôt d’ailleurs son détenteur) n’est pas malade. Il opère une description et non pas une prescription. Il fait penser aux étiquettes des animaux que l’on envoie à l’abattoir. Mais la norme est aussi du fait, une évaluation prescriptive, une qualification d’être. Selon ce point de vue on pourrait considérer le QR code condensant un pass sanitaire comme une forme de décision individuelle indiquant que son détenteur est libre de ses mouvements. Un fait divers significatif : un consommateur dans un restaurant qui refusait de montrer son pass sanitaire a tué le restaurateur. Le QR code est peut-être du non humain qui incite à des actes criminels. Il soulève une question de traçabilité et indique si son détenteur a été malade, vacciné, une fois, deux fois, trois fois, etc. C’est une trace du non droit dans le temps. Un restaurateur lisant le QR code se dit « je peux tout savoir sur mes clients » et ouvrir ainsi un dossier de surveillance. Au Québec, il y a une obligation de contrôler une pièce d’identité en plus du pass (l’utilisation de l’anglais pass renforce sans doute le caractère sympa du procédé), mais en France restaurateur et contrôleur de la SNCF ont mis à mal le droit en refusant de faire des contrôles. La SNCF a envoyé un SMS proposant d’associer billet et pass-sanitaire. Elle contourne ainsi l’humain qui désobéit à la règle. Ce procédé est présenté comme simplifiant la vie et garantissant sa sérénité. On atteint ainsi le sommet de la société de surveillance : « tu le fais pour être libre ». Ce qui peut donner en acronyme inscrit sur un QR code : QR+CGV = QR et conditions générales de vente ; pourquoi pas QR + TGV= QRTGV et QRTER pour les TER sans ignorer le QRAIL, pour les quelques trains corails qui circulent encore. Le procédé de la SNCF est une forme d’intersection entre deux règles et donc d’aiguillage, nous ne sommes plus loin de l’aiguille du vaccin.